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La fonction de courtier en assurances a beaucoup souffert ces dernières années. Au-delà des raisons qui ont mené à cet état de fait, pour le reste en partie prévisibles selon Thibault Gond, la seule question qui importe et que tous les courtiers se posent est celle-ci : comment réagir face à ces changements et à ces bouleversements qui touchent le courtage de proximité ?

Le métier de courtier de proximité

Pour Thibault Gond, le courtier de proximité est un professionnel indépendant qui exerce un métier réglementé qui l’oblige à s’immatriculer à l’Orias. Il travaille avec l’ensemble des compagnies d’assurance présentes sur le marché, et grâce à son large panel de relation, il a accès à une variété de produits, de services et de prix. De ce fait, il est en mesure d’offrir à son client la solution d’assurance la plus intéressante, aussi bien en matière de garantie que de prix. Il faut savoir qu’à l’origine, c’est-à-dire il y a quelques dizaines d’années, le courtage de proximité était un milieu très spécialisé. En effet, les agents généraux, et les compagnies avec des réseaux salariés distribuaient les contrats d’appel (assurance auto, assurance habitation…). Dans cette configuration, le rôle du courtier était de proposer des solutions dans des domaines spécifiques : courtiers spécialisés en objets d’art, en risques industriels, en voilier, en flotte…

Depuis, le métier s’est beaucoup développé et à partir des années 1990, on a assisté à l’émergence des courtiers généralistes proposant des garanties complètes (offres contrat habitation, auto, mutuelle, RC Pro, décennale…). Pour Thibault Gond, cette époque correspond à la période dorée du courtage en France, si bien que les cabinets se sont multipliés à vitesse grand V, un peu à l’instar des agences immobilières avant les différentes crises qu’a connu le secteur. Aujourd’hui encore, le métier de courtier est assez bien préservé en France, contrairement à d’autres pays européens. Pour Thibault Gond, cela risque de ne pas durer…

RGPD, digital… vers la fin du courtage ?

L’entrée en scène du RGPD et la digitalisation croissante du secteur de l’assurance a pris de cours de nombreux cabinets. Des courtiers qui n’étaient pas aux normes, et qui n’avaient vraisemblablement pas compris que leur valeur ajoutée était d’avoir des risques souscrits, des contrats en cours, une clientèle fidèle, mais surtout un cabinet conforme ! Or, ce que l’on constate, c’est que beaucoup de courtiers se sont rendus compte que la mise aux normes était assez contraignante et fastidieuse, et ont donc préféré abandonner la profession. Ajoutons à cela l’arrivée de l’ACPR, avec les contrôles de réglementation qui compliquent la vie du courtier de proximité qui, par essence, n’est pas affilié à un réseau puissant. Résultat : c’est à lui seul que revient la lourde charge de se mettre en conformité !

Courtage : un retour aux sources est-il envisageable ?

En plus de ces différentes contraintes, Thibault Gond pense que face à un marché qui se segmente, on reviendra dans un futur proche à un courtage de plus en plus spécialisé, une sorte de retour aux sources de cette profession. En d’autres termes, le courtier de demain devra laisser le risque standard aux compagnies d’assurances, pour se concentrer sur son cœur de métier qu’est le conseil, et la vente de contrats d’assurances sur mesure pour des secteurs bien définis. La survie du courtage en dépend !